Photo prise par Raphaelle Lovey de Champex

LE LAC DE CHAMPEX

 

Une des cartes de visite du Valais, le lac, ce joyau placé par un magicien du perfectionnisme, dans le vallon de Champex participe à une part importante à la vie de toute une région.

Ce lac, la beauté du site, entouré de montagnes et forêts avec des chalets qui se baignent dans ses reflets, tantôt azurés, tantôt émeraude, tantôt blancs de glace et de neige, enchante les touristes, les passants, les pêcheurs. C'est une vraie carte postale, unique en Valais.

Cependant, une autre réalité se cache, car deux maux le rongent peu à peu: l'envasement et la pollution.

 

L'ENVASEMENT

Sous la surface du lac, existe l'envers du décor. Un envasement engendre sa lente et inexorable agonie.

Le lac est alimenté par deux ruisseaux qui passent par les terrains d'anciennes tourbières. Ils n'ont aucune protection pour empêcher exondation des berges. Ils charrient une quantité non négligeable de vase, de limon, de terre acide qu'est la tourbe. Les sédiments rentrent dans le lac, se répandent avec des particules lourdes au travers des marais entre les îles. Ces particules se déposent et envasent le reste du lac.

Selon les mesures du laboratoire en 1975 déjà, la hauteur de l'eau allait de 2 m. vers les îles et à 5 m. vers le garage. La couche sédimentaire atteignait 5 à 13 m. de haut. Le constat était déjà aggravant à l'époque.

Si rien n'est entrepris, un marécage risque de remplacer le lac. C'est ce que nous pouvons déjà constater autour des îles et à la rentrée des ruisseaux avec une hauteur de 40 à 60cm d'eau environ. A ce jour, la hauteur des eaux du lac peut se mesurer, entre  2m50 à 4m. Et ceci en 40 ans.

Des millions de mètres cubes d'eau sont dilapidés et perdus pour laisser à la place, une triste réalité, un dommage qu'il faut arrêter au plus vite.

Et pourtant, un dessableur a été réalisé et situé à l'arrivée de l'eau de l'Arpette. Celui-ci arrête sable et gravier, matériaux qui sont nécessaire pour la fraie des truites.  mais pas les particules fines. Les truites ne se reproduisent pratiquement plus dans le lac à cause de l'envasement.

L'accumulation de vase de tourbe (anciennement utilisée pour le feu et le chauffage) est une composante chimique qui se décompose en générant un début de méthanisation, catastrophique pour l'eau, la flore, les poissons enfin toute la faune benthique avec accroissement d'herbiers, roseaux et mousses qui puissent l'oxygène pour rendre le CO2.

Il ne faut pas oublier que l'augmentation de la vase réduit la hauteur de l'eau et fait augmenter sa température, à cause des radiations solaires et l'accélération de la décomposition des résidus organiques et émissions de gaz à effet de serre. Les herbiers et les mousses se chargent d'éléments toxiques de la décomposition de la tourbe. Le tout devient une soupe chimique qui atrophie son milieu et crée le dépérissement de la faune lacustre.

Le point positif pour la vie de ce lac est la qualité de son eau venant du Val d'Arpette, une des plus pure du canton. C'est une chance énorme qui risque de ne pas durer. Le réchauffement climatique augmentera la pollution et le manque d'eau créera un envasement toujours plus rapide.

 

LA POLLUTION

Une autre source de pollution provient de la route goudronnée qui contourne une partie du lac allant du garage Pellouchoud au café du Rendez-Vous. En effet, les écoulements de l'eau de route évacuent les résidus polluants à travers les grilles et se jettent directement dans le lac.

Des travaux viennent de commencer à Champex-Lac. De grandes et profondes  tranchées sont creusées pour installer les séparatifs égouts et eaux pluviales. Je tiens à relever la qualité du travail exécuté et la collaboration avec nous, les commerçants, des hommes qui travaillent sur ce chantier, mais je n'ai pas eu de réponses concernant les grilles qui bordent la route et vont au lac.

 

LES INTERVENTIONS NECESSAIRES

L'EROSION

Le mal le plus important à supprimer, est de canaliser les ruisseaux pour empêcher l'exondation des rives. C'est un travail très répandu en Valais. C'est une solution peu coûteuse, simple de mise en œuvre, assez rapide par sa réalisation avec des bois de la région, pour les parois, à fixer contre les berges et aménager le lit avec un empierrement, en créant des fosses de débourbage. D'autres solutions existent aussi. Agissons au plus vite, pendant qu'il est encore temps.

LE DEVASAGE

Le dévasage est une grande intervention qui nécessite l'appel de nos Autorités, Spécialistes, Ecologistes, Analystes, Ingénieurs et Entrepreneurs qui décideront en commission.

 

LA CONSCIENCE

L'eau, or bleu, constitue une importante source d'énergie renouvelable qui se prête à différentes formes d'utilisation. (A Champex-Lac: électricité, arrosage, pêche, tourisme)

Le pêcheur est la sentinelle de nos cours d'eau et des lacs. Il est le premier à donner l'alerte en cas de pollution ou d'agression sur la faune aquatique et benthique. Il est le premier à constater les dégâts sous la surface de l'eau. Le touriste va regarder la rivière ou le lac avec ses petits canards ... mais ne verra pas le drame qui se passe sous l'eau.

Avec la politique de l'autruche que pratiquent certains, que deviendra notre lac. Pour beaucoup d'entre eux, tout va bien. Il n'y a pas d'urgence. Ce n'est pas grave. Ils ne sont pas prêts ou ne veulent pas regarder la vérité en face.

Nous possédons une valeur naturelle. La négliger serait une vraie tragédie pour nous et les générations futures. Que laisserons-nous à nos enfants si nous ne réagissons pas rapidement. Et notre conscience?

Sans préoccupation du futur, il faudra s'attendre au pire. C'est inévitable, avec des dommages incalculables.

Alors, un cri d'alarme est lancé à qui veut l'entendre.

L'affaire suit sont courts
 

Un article de près d'une page est paru dans le Nouvelliste du samedi 1er Juillet qui relate la problématique du lac de Champex.
Les autorités ont pris conscience du problème et oeuvre depuis un certain temps pour trouver la solution la plus adéquate pour dévaser le lac.
Les choses devraient se réaliser assé rapidement, du moins on l'espère.

Affaire à suivre.

Début décembre 2017

Les travaux pour vider le dessableur ont commencé à dose homéopathique. Deux hommes courageux bravant le grand froid qui règne sur Champex sortent le limon à l'aide de pelles et d'un tuyau qui aspire le tout.Je pense qu'ils en ont pour un bon mois.                                                                                                                                                 

                   F.B                                                                            D.R

 

 daniel@champeche.ch